漱石の日仏二ヶ国語

漱石の『日記』を日仏二ヶ国語で読む Lire“ Le Journal ”de Natsume Sôseki en français et en japonais (2014)

2014年度の夏目漱石を日仏二ヶ国語で読む講座(全6回)では、『日記』をとりあげました。第1回~第6回の対訳を以下に紹介します。

第1回「ロンドン留学日記」より:テーマ「日本からの出立」(2014年4月)
(岩波文庫『漱石日記』, pp. 7-8.)

明治33(1900)年9月12日(水) 夢覚(さ)めて既に故郷の山を見ず。四顧渺茫(しこびょうぼう)たり。乙鳥(いつちょう)一羽波上を飛ぶを見る。船頗(ふねすこぶ)る動揺、食卓にわくを着けて顚墜(てんつい)を防ぐ。
漸(ようや)く動揺になれて気分少しはよし。長崎より西洋婦人夥多(あまた)乗込む。皆我より船が強きようなり。羨しきことなり。彼らは平気で甲板にいる、婆さんも若いのも。特に仏人の家族に六、七歳の子供がいるが、御玩弄(おもちゃ)の蒸気船を引張って甲板を駆け廻っている。我々もなるべく平気な顔を装っているけれども真に平気なのは芳賀位のもので、他は皆さほど平気でもないのである。その内で尤も平気ならぬのは小生である。
かばんの中に『几薫集』(きとうしゅう)と『召波集』(しょうはしゅう)があったから少し読もうと思うたが読めぬ。周囲が西洋人くさくて到底俳句など味う余地はない。芳賀は『詩韻含英』(しいんがんえい)などをひねくっているが、これも何も出来ぬらしい。俳句も一、二句は作って見たいが一向出て来ない。恐入(おそれい)ってしまった。
横浜を出帆して見ると、右も左も我々同行者を除くの外は皆異人ばかりである。その中に一人日本人がいたから、これは面白いと思って話をしかけて見たら驚いた。香港(ホンコン)生の葡萄牙(ポルトガル)人であった。神戸からも一人日本人が乗(のっ)たと思って喜んでおったら、これも豈計(あにはか)らんや組で、支那の女にイギリスの男がつがって出来た合のこであった。これから先も気をつけないと妙な間違をしてしくじることがある。注意々々。
Mercredi 12 septembre 1900 (An 33 de l’Ere Meiji). Lorsque je m’éveillais de ma somnolence, on ne voyait déjà plus le relief montagneux de mon pays natal. Ce n’était de tout côté qu’une immensité infinie. Une hirondelle survolait les vagues. Je la voyais. Le bateau tanguait  fortement et les tables du dîner étaient enchassées pour éviter qu’elles ne se renversent.
A grand peine je m’habituais au tangage et mon malaise s’atténua quelque peu. A Nagasaki, des dames occidentales montèrent à bord en grand nombre. Elles paraissaient toutes plus endurantes que moi au mal de mer. Je les enviais. Sur le pont du bateau, les dames d’un certain âge, aussi bien que les jeunes femmes, manifestaient un grand calme.
Et plus particulièrement, il y avait un enfant appartenant à une famille française, âgé de 6 ou 7 ans, qui courait de tous côtés sur le pont du navire en traînant derrière lui son jouet, un bateau à vapeur. Nous feignions tous, autant qu’il nous l’était possible, d’afficher un visage impassible (malgré le mal de mer) ; toutefois, hormis Haga Yaichi, qui, lui, conservait son impassibilité, nous autres, nous ne l’étions pas autant que lui. Parmi nous tous, c’était moi, bien sûr qui me révélais le plus incapable de conserver mon impassibilité.
Comme il y avait dans mon sac deux recueils de Haikus «Kitoushû Recueil de Kitô» et « Shôhashû Recueil de Shôha », je m’étais dit que j’allais en lire un peu, mais j’étais incapable de lire. Avec cet environnement qui sentait les Occidentaux à plein nez, ce n’était nullement le lieu pour apprécier des oeuvres telles que des haikus. Haga s’essayait à composer des poèmes chinois en s’aidant d’ouvrages tels que « Shiin gan-ei (Trésor de la rime et du rythme », mais, de toute apparence, il ne pouvait pas y parvenir.
Moi aussi, je tentais de composer un ou deux haikus, mais je n’y réussis absolument pas.
J’abandonnais définitivement la partie (Je levais les bras).
Depuis que nous avions levé l’ancre du port de Yokohama, à part mes compagnons de voyage, il n’y avait autour de nous que des personnes de nationalités étrangères.
Je m’étonnais parce que j’avais essayé de parler avec quelqu’un que j’avais pris pour un Japonais en pensant que ce serait intéressant. C’était un Portugais né à Hong Kong. J’avais également cru qu’à Kobe un autre Japonais s’était embarqué et je m’en étais réjoui. Mais ; contre toute attente, il s’avéra que c’était un métis d’un Anglais et d’une femme chinoise (dont le père était anglais et la mère chinoise). Si désormais je ne prêtais pas plus attention, je commettrais des erreurs bizarres. Prenons bien garde ! (A bon entendeur, salut !)

 

第2回 「ロンドン留学日記」より:テーマ「英国人と文学知識」(2014年5月)
(岩波文庫『漱石日記』, p. 28.)

明治34(1901)年1月12日(土) 英国人なればとて文学上の智識において必ずしも我より上なりと思うなかれ。彼らの大部分は家業に忙しくて文学などを繙(ひもと)く余裕はなきなり。respectable な新聞さえ読む閑日月はなきなり。少し談(はな)しをして見れば直(すぐ)に分るなり。さすが自国の文学故(ゆえ)知らぬとはいわざれど繁忙にて読書の時間なしなどとて御茶を濁すかあるいは知ったふりをして通すなり。彼らの胸中には日本人に負けては恥かしとの念充分ある故ならん。こちらも余慶(よけい)な話しをして先方を苦しむるにも及ばずと思い善き加減に話頭(わとう)を転ずるなり。余の知れる lady は中等社会の人なり。しかし文学のことなどは一切知らぬなり。大学にて女生徒が講義の後に Prof. に向い Keats 及び Landor の綴りを聞きいたるを見しことあり。余が下宿の爺は一所に芝居に行きしところ Robinson Crusoe を演ぜしが、これは一体真にあったことなりや小説なりやと余に向って問いたりし故、無論小説なりと答えしに余も然(しか)思うといえり。よって 18th cent. に出来た有名な小説なりといいしにさようかというて直ちに話頭を転じたり。その女房は先日まで女学校を開きつつありし女故、少しく教育のあるべきはずなるが文学のことはやはり一、二冊の小説を読みしのみ。そのくせ生意気にて何でも知ったかぶりをするなり。
Ere Meiji 34, samedi 12 janvier 1901. Même pour des Anglais, il ne faudrait pas croire pour autant que leurs connaissances en littérature soient nécessairement supérieures aux miennes. La majorité des Anglais sont très pris par leur affaire familiale et il ne leur reste pas de temps disponible à consacrer à la lecture attentive d’ouvrages de littérature ou appartenant à d’autres domaines similaires. Ils n’ont même pas le loisir de lire un journal “respectable”. Si l’on essaye de nouer quelque conversation avec eux, on s’en rend compte tout de suite. Même si l’on ne peut pas dire que, pour cette raison, ils ne connaissent pas leur propre littérature, bien qu’ils n’aient pas le temps de lire, par exemple, parce qu’ils sont trop affairés, soit ils vont user de faux fuyants, soit ils feront semblant de savoir et c’est ainsi que cela se passera. Cela vient du fait qu’au fond de leur coeur, ils éprouvent de manière suffisante un sentiment d’humilité devant la supériorité des Japonais à leur égard. Ce n’est pas la peine de faire souffrir (martyriser) son interlocuteur en tenant des propos inutiles superflus, me semble-t-il, et quand ça commence à bien faire, je change subtilement de sujet. Une lady de ma connaissance appartient à la classe sociale moyenne. Mais elle ignore tout de la littérature ou d’autres domaines s’y apparentant. On voit à l’université des étudiantes qui, à la fin des cours, s’adressent au Professeur pour lui demander comment s’orthographie (s’écrit) « John Keats » ou « Walter Savage Landor ». Je suis allé avec le vieillard qui tient la pension (où je demeure) voir au théâtre une représentation de Robinson Crusoe, et comme il s’est adressé à moi en me demandant s’il s’agissait de la stricte réalité ou d’une fiction romanesque ; je n’ai pu m’empêcher de lui rétorquer qu’il s’agissait de toute évidence d’une fiction romanesque. C’est bien ce que je pensais, a-t-il dit. En lui disant que, d’après ce que je savais, c’était une oeuvre romanesque célèbre, composée au XVIIIème, tout en acquiesçant à ce propos, il s’est hâté de changer de sujet. Son épouse a ouvert récemment une école pour jeunes filles et donc elle doit avoir reçu une certaine instruction, mais elle n’en a pas moins lu seulement qu’un ou deux romans. Cela ne l’empêche nullement de tenir avec prétention des propos en faisant semblant de tout savoir.

 

第3回 「『それから』日記」より:テーマ「小説執筆」(2014年6月)
(岩波文庫『漱石日記』, p. 80, 81, 83, 93-94.)

5月31日(月) 晴。小説『それから』を書きだす。
Lundi 31 mai. Beau temps. Je me mets à écrire le roman « Et après ».

6月5日(土) 晴。歯医者へ行く。眠くて昼寝をする。甚だ好い心持であった。夜小説二回を書く。考えていた趣向少々不都合を生ず。(…)
Samedi 5 juin. Beau temps. Je vais chez le dentiste. Sentant la somnolence me gagner, j’ai fait une petite sieste. J’en ressens une impression extrêmement agréable. Ce soir, j’écris deux livraisons. Le dessein que j’ai conçu éveille en moi quelque sentiment de gêne.(…)

6月14日(月) 陰(くもり)。烈風。朝、虚子と国技館に行く。九時から六時までいる。色々な相撲と色々な取込を見る。しかし花相撲における若い力士がむやみに取るような際どいもの一つもなし。相撲の筋肉の光沢が力瘤(ちからこぶ)の入れ具合で光線を受ける模様が変ってぴかぴかする。甚だ美くしきものなり。中村不折(なかむらふせつ)は到底こういう色が出せない。だからいけないというのである。(…)
Lundi 14 juin. Temps couvert. Vent violent. Le matin, nous sommes allés avec Kyoshi Takahama à la salle de sumo de Ryôgoku. Nous y sommes restés de 9 heures du matin à 6 heures du soir. Nous y avons vu différents lutteurs de sumo et différents combats de sumo. Toutefois, cela n’avait rien à voir pour moi avec les matchs de démonstration où de jeunes lutteurs empoignent leur adversaire de manière inconsidérée. Dans leur manière de déployer avec ardeur leurs biceps l’éclat des muscles des lutteurs de sumo scintillait et leur peau brillait sous la lumière électrique. Cela revêtait un aspect remarquablement esthétique. Le peintre Nakamura Fusetsu se revèle, lui, totalement incapable de rendre dans sa peinture un tel ton. Il s’ensuit que cela ne va pas. (…)

7月16日(金) 晴。暑益(ますます)劇(はげし)。豊隆・東洋城とまる。朝三人で『蝉丸』(せみまる)を謡う。ひるから『草紙洗』(そうしあらい)を謡う。晩には一人で『花月』(かげつ)を謠う。
小説なかなか進まず。しかしこれが本職と思うと、いつまでかかっても構わない気がする。暑くても何でも本職に力めているのだから不愉快の事なし。『それから』は五月末日に起稿、今六十三、四回目なり。その間事故にて書かざりし事あり。また近来隔日に独乙(ドイツ)語をやるのと、木曜を丸潰(まるつぶ)しにするのとで捗取(はかど)らぬなり。
Vendredi 16 juillet. Beau temps. La chaleur s’intensifie de plus en plus. Komiya Toyotaka et Matsune Tôyôjo sont venus (descendus chez moi pour y passer la nuit ?). Le matin, nous récitons à troix voix la pièce de Semimaru. A partir de midi, nous déclamons les récitatifs de la pièce de No « Sôshiarai » (laver des feuilles d’esquisses). Le soir, sous forme de monologue, j’interprète l’intermède de No « Fleurs sous la lune ».
Et mon roman n’avance vraiment pas. Mais quand je me dis que c’est cela mon métier principal, se fait jour en moi l’impression que peu m’importe le temps que cela me prendra. Etant donné que je m’efforce, malgré la chaleur ambiante, d’accomplir ma tâche principale, je ne ressens aucun désagrémént particulier. J’ai entrepris la rédaction de « Et après » le dernier jour de mai et, aujourd’hui, j’en suis à la soixante-troisième et soixante-quatrième livraisons. Pendant cet intervalle des obstacles m’ont gêné dans mon écriture. Il y aussi le fait que je me suis mis depuis quelque temps à étudier la langue allemande et qu’aussi la journée de jeudi, c’est la journée où je ne peux pas écrire. Et à cause de cela je progresse à la vitesse d’un escargot.

7月18日(日) 大暑。晴。娘ども真裸にて家中を馳け回る。暑い故に裸になるほど自然なるはなし。先生、野蛮人に囲繞(いにょう)せられて小説をかく。(…)
Dimanche 18 juillet. Canicule. Beau temps. Mes filles circulent en gambadant dans la maison en tenue d’Eve. Il n’y a rien de plus naturel que de se mettre tout nu pour la raison qu’il fait chaud. Le maître écrit son roman, encerclé de barbares. (…)

 

第4回 「修善寺大患日記」より:テーマ「病床にて」(2014年7月)
(岩波文庫『漱石日記』, pp. 149-150, 165-166.)

8月12日(金) 夢の如く生死の中ほどに日を送る。胆汁と酸液を一升ほど吐いてから漸く人心地なり。氷と牛乳のみにて命を養う。(…)
半夜一息ずつ胃の苦痛を句切ってせいせいと生きている心地は苦しい。誰もそれを知るものはない。あってもどうしてくれる事も出来ない。膏汗(あぶらあせ)が顔から背中へ出る。
Vendredi 12 août. Telle une vision hallucinatoire, la journée se passe entre la vie et la mort. Après avoir rejeté environ deux litres de bile et de liquide acide, je reprends finalement mes sens. Je me maintiens en vie uniquement grâce à de l’eau congelée et à du lait. (…)
Au milieu de la nuit, chacune des expirations de mon souffle est ponctuée par une douleur à l’estomac (se ressent douleureusement sur mon estomac) et rester ainsi en vie respirant hâtivement de manière si cruelle m’est très pénible. Personne ne peut connaître cela. Et même si cela arrivait, il serait impossible à cette personne de faire quoi que ce soit. Une sueur épaisse et huileuse s’écoule de ma tête en direction de mon dos.

9月19日(月)晴。
昨夜は御月見をするとて妻が宿から栗などを取り寄せていた。栗がもう出ているかと思って驚いた。
病んでより白萩に露の繁く降る事よ
花が凋(しぼ)むと裏の山から誰かが取って来てくれる。その時は森成さんが大抵一所である。女郎花(おみなえし)、薄(すすき)、桔梗(ききょう)、野菊(のぎく)、あざみに似たものが多い。
昨日、臼川の送った『宇治拾遺』(うじしゅうい)を少し読む。少し読むと馬鹿々々しくなる。
瓶に挿した薄の上に何時の間にか蟋蟀(こおろぎ)が一匹留(とま)っている。風が揺れるたびに揺れている。
昼のうち恍惚(こうこつ)として神遠き思いあり。生れてよりかくの如き遐懐(かかい)を恣(ほしいまま)にせる事なし。衰弱の結果にや。夜はかえって寝られずしばしば眼覚(めざ)む。昨夜は修禅寺の太鼓の鳴るを待ちたり。
蜻蛉(とんぼう)の夢や幾度(いくたび)杭の先
蜻蛉や留り損ねて羽の光
取り留める命も細き薄かな
Lundi 19 septembre. Le temps est beau.
Hier soir, en allant contempler la lune, mon épouse s’est procurée à l’hôtel des châtaignes ainsi que d’autres mets. Je m’étonne (à la pensée) que l’on puisse déjà trouver des châtaignes.
Depuis que je suis souffrant, des gouttes de rosée tombent, denses, sur le lespédeza aux fleurs blanches.
Lorsque les fleurs sont fanées, quelqu’un va en ramasser d’autres dans la montagne, derrière l’hôtel. En ce moment, c’est Monsieur Morinari qui, la plupart du temps, y va en (bonne) compagnie. Il y a ici beaucoup de plantes, des valérianacées (Patrínia scabiosifólia), des « herbes à éléphant » (miscanthus sinensis), des campanules sauvages (platicodon grandifllorum), des camomilles sauvages (Dendranthema grandiflorum (Ramatuelle)) ou bien quelque végétal qui ressemble à des chardons (Cirsium).
Je lis quelques pages du récit de Uji Shûi que Kyûsen m’a fait parvenir hier. En lisant quelque peu, cela me semble ridicule.
Un grillon s’est juché l’espace d’un instant sur une herbe à éléphant que l’on avait placée dans une bouteille en guise de vase. A chaque souffle de vent il se balance (il oscille).
Dans la journée, mon esprit erre dans le vague. Depuis ma naissance, je n’avais jamais eu de loisirs propices à éprouver de fortes aspirations (élévations). Est-ce l’effet de mon état d’affaiblissement ? Malgré la nuit, il m’est impossible de bien dormir et je me réveille souvent J’attendais hier soir que le son du taiko me parvînt du temple de Shuzenji en guise de cloche.
(Je rêve) La libellule rêve-t-elle aux maints pilots sur lesquels (la libellule) elle se posera dans l’avenir ?  (Deux versions proposées)
Un éclat fait luire l’aile de la libellule qui a manqué de se poser.
Peut-on arracher à la mort une herbe d’éléphant ténue ?

 

第5回「大正三年家庭日記」より:テーマ「妻は…」(2014年10月)
(岩波文庫, p. 212, 213.)

大正3(1914)年11~12月
妻は私が黙っていると決して向うから口を利かない女であった。ある時私は膳に向って箸を取るとその箸が汚れていたのでそれを見ていた。すると妻が汚れていますかと聞いた。それから膳を下げて向(むこう)へ行った時、下女にまたこっちから話させられたといった。(これは去年の事である。)近頃は向から話す事がある。私にはそれが何の目的だか分らない。
Ere Taisho, an 3, novembre et décembre 1914.
Quand je me taisais, ma femme ne desserrait pas les dents. Une fois quand je me dirigeais vers une table basse pour y prendre des baguettes, j’en remarquais la saleté. Sur ce, ma femme me demanda si les baguettes étaient sales. Ensuite, au moment où elle allait à la cuisine après que la table eut été desservie, elle a dit à la servante que je l’avais fait à nouveau parler malgré elle. (Il s’agit de faits remontant à l’année dernière.) Récemment, elle parle souvent la première. J’ignore pour ma part quel en est le véritable objectif (il y a anguille sous roche).

妻は朝寝坊である。小言(こごと)をいうとなお起きない。時とすると九時でも十時でも寝ている。洋行中に手紙で何時に起るかと聞き合せたら九時頃だといった。普通の家庭で細君が九時頃起きて亭主がそれ前に起きるのは極めて少ない。そんな亭主はベーロシヤとしか思われない。妻は頭がわるいという事をきっと口実にする。早く起きるとあとで仕事をする事ができない終日ぼんやりしていると主張する。それで子供が学校へ行ってしまって凡(すべ)てが片づいた時分にのそのそ起きて来る。そのくせどこかへ約束があって行く時は何時だろうが驚くべく早く起きる。そうしてその日一日出てあるいていながら別に頭痛の訴(うったえ)も起さないから不思議千万(ふしぎせんばん)である。近頃はそれが私より早く起きるようになった。これはわが家の七不思議の一つである。聞けば静坐(せいざ)で頭がよくなったのだ位いうから私は聞かずにいる。
Ma femme se lève tard le matin. Même si je lui en fais le reproche, elle ne s’en lève pas plus tôt pour autant. Parfois, qu’il soit neuf heures ou dix heures du matin, elle est toujours en train de dormir. Pendant que je séjournais en Europe, lorsque je m’enquis dans une lettre de l’heure à laquelle elle se levait, « neuf heures du matin environ » me fut répondu. Dans un foyer ordinaire, lorsqu’une épouse se lève vers neuf heures du matin, il est extrêmement rare que le maître de maison se lève avant elle. Un tel maître de maison ne peut que me faire penser à certains prêtres feignants. Ma femme assurément allègue comme prétexte que sa tête est indisposée. Elle prétend qu’en se levant tôt elle aura (ensuite) l’esprit brumeux toute la journée et qu’il lui sera ainsi impossible d’assurer ses tâches (ménagères). C’est pourquoi elle se lève d’un pas lourd et traînant, au moment où tout a été rangé après le départ des enfants pour l’école. Pourtant, lorsqu’il s’agira de se rendre quelque part, à n’importe quelle heure, à un rendez-vous, elle se lèvera à une heure étonamment matinale. Ensuite, passant toute sa journée en sorties, elle n’émettra aucune plainte particulière sur ses maux de tête et donc cela me paraît extrêmement bizarre. Récemment, elle s’est mise à se lever plus tôt que moi. C’est pour moi l’une des sept merveilles qui existent chez nous. Si je l’interrogeais à ce propos, elle me répondrait que, grâce à sa thérapie, sa tête allait mieux et donc je m’abstiens de toute question sur ce sujet.

 

第6回 「大正五年最終日記」より:テーマ「子供と話」(2014年11月)
(岩波文庫『漱石日記』, pp. 227-228.)

大正5(1916)年6月2日(金)子供と話。
「お父さん箒星(ほうきぼし)が出ると何か悪い事があるんでしょう」
「昔はそうさ。人が何も知らないから。今は人が物事が解って来たからそんな事はない」
「西洋では」
「西洋では昔からない」
「でもシーザーの死ぬ前の日に彗星が出たっていうじゃないの」
「うんシーザーの殺される前の日か。そりゃ羅馬(ローマ)の時代だからな」
Vendredi 2 juin 1916.
« Papa, si une comète apparaît, quelque chose de funeste surviendra. »
« C’était valable (le cas) autrefois. Parce que les gens ne savaient rien. Aujourd’hui, comme on est parvenu à comprendre toute chose, une telle situation ne se présentera pas. »
« Et en Occident ? »
« En Occident, depuis les temps jadis, de tels faits ne se produisent pas. »
« Mais ne raconte-t-on pas qu’une comète est (serait) apparue le jour précédant la mort de Jules César ? »
« Hmm, c’était le jour précédant celui où il a été assassiné. Mais c’était à l’époque romaine, c’est pour cette raison. »

「お父さまの地面の下は水でしょう」
「そうさ水だ。井戸を掘ると水が出るからな」
「それじゃなぜ地面が落(おっ)こちないの」
「そりゃお前落ちないさ」
「だって下が水なら落ちる訳じゃないの」
「そう旨(うま)くは行かないよ」
« Sous le sol où se trouve notre père, il y a de l’eau. »
« C’est exact, il y a de l’eau. Parce que, si l’on creuse un puits, l’eau fera son apparition. »
« Mais alors pourquoi la terre ne s’effondre-t-elle pas ? »
« Tu ne t’effondreras pas avec, tu sais ! »
« Mais alors, puisqu’il y a de l’eau en-dessous de nous, ne devrions nous pas nous effondrer ? »
« Ce ne marche pas aussi simplement que cela ! »

「お父さま、この宅(うち)が軍艦だと好いな。お父さまは」
「お父さまはただの宅の方が好いね」
「何故」
「何故って訳もないが」
「だって地震の時宅なら潰(つぶ)れるじゃないの」
「ハハア軍艦なら潰れないか。こいつは気が付かなかったな」
« Papa, ce serait bien (chouette) que notre maison soit un bateau de guerre. Dis Papa, qu’en penses-tu ? »
« Papa pense qu’une maison ordinaire est préférable. »
« Pourquoi ? »
« Tu me demandes pourquoi, il n’y a pas de raison pour cela. »
« Mais si un tremblement de terre survient, notre maison ne s’écroulera-t-elle pas ? »
« Ah oui, tu as raison ! En cas de tremblement de terre, le bateau de guerre, lui, ne s’effondrera pas. Je n’y avais pas pensé. »

六月初
柿の花、落ち、豆蔦(まめづた)の花(梅にからんだ)落つ。熊ん蜂がその   (形)を吸(すい)に来る。
Au début du mois de juin.
Les fleurs de plaqueminier du Japon tombent. Les fleurs du lierre qui enlace les pruniers tombent. Les frelons accourent pour en butiner le suc.

漱石の『猫』を日仏二ヶ国語で読む Lire “Le Chat” de Natsume Sôseki en français et en japonais (2012)

奈良日仏協会では2012年度、新たな文化講座としてJe suis un Chat 『吾輩は猫である』を、夏目漱石の原文とオリヴィエ・ジャメ氏による仏訳を対照しながら、日仏二ヶ国語で読む講座(全8回)を開講しました。第1回~第8回の対訳を以下に紹介します。

第1回(2012年4月14日) テーマ:猫と人間 Le chat et l’homme

吾輩は猫である。名前はまだ無い。
どこで生れたか頓と見当がつかぬ。何でも薄暗いじめじめした所でニャーニャー泣いていた事だけは記憶している。吾輩はここで始めて人間というものを見た。しかもあとで聞くとそれは書生という人間中で一番獰悪な種族であったそうだ。この書生というのは時々我々を捕えて煮て食うという話である。しかしその当時は何という考もなかったから別段恐しいとも思わなかった。ただ彼の掌に載せられてスーと持ち上げられた時何だかフワフワした感じがあったばかりである。掌の上で少し落ちついて書生の顔を見たのがいわゆる人間というものの見始であろう。この時妙なものだと思った感じが今でも残っている。第一毛を以て装飾されべきはずの顔がつるつるしてまるで薬缶だ。その後猫にも大分逢ったがこんな片輪には一度も出会わした事がない。のみならず顔の真中があまりに突起している。そうしてその穴の中から時々ぷうぷうと煙を吹く。どうも咽せぽくて実に弱った。これが人間の飲む煙草というものである事は漸くこの頃知った。
Nous sommes Messire le chat. Nous ne portons encore aucun nom.
Nous avons bien recherché des informations sur notre lieu de naissance. Mais nous n’avons pu en dénicher nulle part. En tout état de cause, ce dont nous nous souvenons seulement, c’est que nous poussions des miaulements dans la pénombre d’un local humide. C’est en ce lieu que nous, Messire le chat, nous vîmes pour la première fois un être humain. En outre, lorsque je m’en enquis par la suite, j’ai su qu’il s’agissait d’un étudiant servant dans une famille, race dont on dit être la plus diabolique que l’on puisse compter parmi les êtres humains. On raconte que ces étudiants-domestiques nous attrapent parfois, nous font cuire et nous mangent. Jadis, à cette époque-là, je ne pensais à rien et donc je ne ressentais aucune frayeur particulière. Or, quand il me posa sur sa paume et me souleva d’un geste vif, je ressentis comme seule impression celle de flotter dans le vide. Puis, juché sur sa paume, je me rassérénai quelque peu et, apercevant le visage de l’étudiant, je découvris pour la première fois ce que l’on désigne sous le terme d’être humain. A ce moment-là, je ressentis une impression bizarre dont je garde le souvenir jusqu’à aujourd’hui. Ce visage, qui n’aurait dû être orné que par des poils, était complètement lisse comme une tête de chauve. J’ai eu l’occasion par la suite de rencontrer beaucoup de chats, mais pas une fois il m’est arrivé de voir une telle difformité. En outre, il s’était formé au beau milieu de son visage une très grosse protubérance et, à travers les trous qui s’y trouvaient, l’étudiant lançait des bouffées de fumée. Cela me faisait vraiment suffoquer et j’en étais fortement incommodé. J’ai fini récemment par savoir que l’on appelait « tabac » ce que les humains fumaient.

 

第2回(2012年5月12日) テーマ:吾輩の主人 Mon maître

吾輩の主人は滅多に吾輩と顔を合せる事がない。職業は教師だそうだ。学校から帰ると終日書斎に這入ったぎり殆んど出て来る事がない。家のものは大変な勉強家だと思っている。当人も勉強家であるかの如く見せている。しかし実際はうちのものがいうような勤勉家ではない。吾輩は時々忍び足に彼の書斎を覗いて見るが、彼はよく昼寝をしている事がある。時々読みかけてある本の上に涎をたらしている。彼は胃弱で皮膚の色が淡黄色を帯びて弾力のない不活溌な徴候をあらわしている。そのくせに大飯を食う。大飯を食った後でタカジヤスターゼを飲む。飲んだ後で書物をひろげる。二、三ページ読むと眠くなる。涎を本の上へ垂らす。これが彼の毎夜繰り返す日課である。吾輩は猫ながら時々考える事がある。教師というものは実に楽なものだ。人間と生れたら教師となるに限る。こんなに寝ていて勤まるものなら猫にでも出来ぬ事はないと。それでも主人にいわせると教師ほどつらいものはないそうで彼は友達が来る度に何とかかんとか不平を鳴らしている。
Nous, Messire le chat, nous n’avons presque jamais l’occasion de croiser notre patron. Comme occupation professionnelle, il paraîtrait qu’il soit professeur. Quand il revient de son école, il se cloître le restant de la journée dans son cabinet d’études et ne le quitte qu’à titre exceptionnel. Les membres de sa famille le tiennent pour un grand bûcheur. La personne en question, elle aussi, feint de l’être. Il n’empêche que, dans la réalité, il ne s’agit pas du grand bûcheur que voient en lui les Siens. Nous, Messire le chat, quand parfois nous nous introduisons à pas de loup dans son cabinet (son antre), il arrive souvent qu’il soit en train de faire une bonne sieste (une bonne méridienne). Parfois, alors qu’il s’était mis à lire, dans son sommeil, il bave sur son livre. Il souffre de dyspepsie stomacale et le teint de sa peau donne dans la couleur jaunâtre ; sa façon d’être décèle en lui des symptômes d’apathie et de mollesse. Malgré cela, il se goinfre avec gloutonnerie. Après avoir fait des agapes, il prend de la potion Takadiastase. Cette médication avalée, il ouvre un livre, en lit deux ou trois pages, puis sombre dans les bras de Morphée en bavant sur son ouvrage. Voici l’activité qu’il réitère chaque soir ! Nous-mêmes, nous avons beau être un chat, il nous arrive néanmoins de temps en temps de considérer les choses. Celui qui exerce les fonctions de professeur mène vraiment une existence facile. Si un jour je renaissais en homme, je ne voudrais être que professeur. Si l’on peut s’acquitter de sa charge en dormant autant, même un chat ne s’en montrerait pas incapable. En dépit de ce que je viens de vous dire, à en croire mon patron, il n’y aurait rien de plus harassant que le métier de professeur et, toutes les fois que des amis viennent le voir, il pousse force jérémiades sur ceci ou cela.

 

第3回(2012年6月9日) テーマ:観察する Observer

吾輩は人間と同居して彼等を観察すればするほど、彼らは我儘なものだと断言せざるを得ないようになった。殊に吾輩が時々同衾する小供の如きに至っては言語同断である。自分の勝手な時は人を逆さにしたり、頭へ袋をかぶせたり、抛り出したり、へっついの中へ押し込んだりする。しかも吾輩の方で少しでも手出しをしようものなら家内総がかりで追い廻して迫害を加える。この間もちょっと畳で爪を磨いだら細君が非常に怒ってそれから容易に座敷へ入れない。台所の板の間で他が顫えていても一向平気なものである。吾輩の尊敬する筋向の白君などは逢う度ごとに人間ほど不人情なものはないと言っておらるる。白君は先日玉のような子猫を四疋産まれたのである。ところがそこの家の書生が三日目にそいつを裏の池へ持って行って四疋ながら棄てて来たそうだ。白君は涙を流してその一部始終を話した上、どうしても我ら猫族が親子の愛を完くして美しい家族的生活をするには人間と戦ってこれを剿滅せねばならぬといわれた。一々尤の議論と思う。また隣りの三毛君などは人間が所有権という事を解していないといって大に憤慨している。元来我々同族間では目刺の頭でも鰡の臍でも一番先に見付けたものがこれを食う権利があるものとなっている。もし相手がこの規約を守らなければ腕力に訴えて善い位のものだ。しかるに彼ら人間は毫もこの観念がないと見えて我らが見付けた御馳走は必ず彼らのために掠奪せらるるのである。彼らはその強力を頼んで正当に吾人が食い得べきものを奪って済している。白君は軍人の家におり三毛君は代言の主人を持っている。吾輩は教師の家に住んでいるだけ、こんな事に関すると両君よりもむしろ楽天である。ただその日その日がどうにかこうにか送られればよい。いくら人間だって、そういつまでも栄える事もあるまい。まあ気を永く猫の時節を待つがよかろう。
Nous, Messire le Chat, nous qui vivons en cohabitation avec les êtres humains, plus nous les examinons avec soin, plus nous sommes forcés d’affirmer que ce sont des êtres qui font preuve d’égoïsme (forcené). Tout particulièrement, les mots nous manquent pour exprimer ce que nous ressentons à l’encontre des enfants avec lesquels nous partageons de temps en temps la couche. Quand l’humeur les prend, ils vous renversent un être vivant, lui recouvrent la tête d’un sac, le projettent où bon leur semble ou bien encore le font entrer dans le four en terre de la cuisine. En outre, si nous, Messire le Chat, nous faisons mine, si peu que ce soit, de nous immiscer dans leurs agissements, toute la maisonnée nous prendra en chasse pour nous persécuter. L’autre fois, j’avais à peine aiguisé mes griffes sur le tatami que la maîtresse de maison entra dans une furie noire et, depuis ce moment-là, l’entrée dans le salon de réception est sévèrement limitée (contingentée). Que vous frissonniez de froid sur le plancher de la cuisine laisse la patronne de marbre. A chaque fois que nous nous rencontrons avec Dame Blanchette, qui habite en face, envers laquelle Messire le Chat voue la plus grande déférence, celle-ci se demande si les humains ne seraient pas inhumains. Il y a quelques jours de cela, elle avait donné le jour à quatre ravissants chatons. Or, l’étudiant-domestique, qui sert dans cette maison, les a emportés à l’étang situé derrière et les a jetés tous les quatre à l’eau, m’a-t-elle raconté. Dame Blanchette, en pleurant à chaudes larmes, m’a narré cette affaire, point par point, de A jusqu’à Z, et a déclaré qu’il fallait absolument livrer bataille aux êtres humains et les exterminer tous si nous voulions que notre ethnie féline puisse voir pleinement s’épanouir l’affection entre parents et enfants chats et que nous arrivions à mener une splendide vie de famille. Je pense que son argumentation se conforme à l’évidence même. Egalement, le Sieur Tigré qui habite dans le voisinage s’indigne grandement de ce que les êtres humains ne reconnaissent nullement ce que l’on qualifie de « droit de propriété ». Dans notre confrérie féline, il est tout naturel que celui qui ait déniché une tête de sardine séchée ou un ombilic de mulet de mer, jouisse en priorité du droit de les manger. Si le partenaire n’observe pas cette règle, il est normal qu’il se fasse rappeler à l’ordre par la voie de la force. Cependant, les êtres humains, eux, ne partagent nullement, visiblement, de telles conceptions et nous nous trouverons infailliblement spoliés par eux à leur profit des mets succulents que nous aurons découverts. Ils requerront la méthode forte et ce que nous aurions dû pouvoir déguster en toute légitimité nous sera ravi sans autre forme de procès. Dame Blanchette loge chez un militaire. Quant au Sieur Tigré, il a pour patron un avoué. En ce qui nous concerne, nous, Messire le Chat, avons élu domicile chez un professeur et, donc, en cette matière, si je me compare à mes deux confrères, je me montrerais plutôt optimiste. Je dirais qu’à chaque jour suffit sa peine. Ils ont beau être des êtres humains, leur période de prospérité n’en est pas moins passagère. Eh bien, prenons notre mal en patience dans l’attente que sonne l’heure de l’ère féline.

 

第4回 (2012年9月8日) テーマ:写生する Dessiner d’après nature

「どうも甘くかけないものだね。人のを見ると何でもないようだが自ら筆をとって見ると今更のように六ずかしく感ずる」これは主人の述懐である。なるほど詐りのないところだ。彼の友は金縁の眼鏡越に主人の顔を見ながら、「そう初めから上手にはかけないさ、第一室内の想像ばかりで画がかける訳のものではない。昔し以太利の大家アンドレア・デル・サルトが言った事がある。画をかくなら何でも自然その物を写せ。天に星辰あり。地に露華あり。飛ぶに禽あり。走るに獣あり。池に金魚あり。枯木に寒鴉あり。自然はこれ一幅の大活画なりと。どうだ君も画らしい画をかこうと思うならちと写生をしたら」
「へえアンドレア・デル・サルトがそんな事をいった事があるかい。ちっとも知らなかった。なるほどこりゃ尤もだ。実にその通りだ」と主人はむやみに感心している。金縁の裏には嘲けるような笑が見えた。
« De quelque manière que je m’y prenne, je n’arrive pas à bien peindre. A regarder les autres, on a l’impression que c’est du gâteau. Mais lorsqu’on tient soit-même le pinceau, cela semble beaucoup plus difficile que cela en a l’air ! » Voilà comment mon patron se déboutonnait. Et c’était strictement la vérité. Son ami regarda le patron par-dessus ses lunettes à monture d’or et fit :
« ― Tu ne peux pas peindre avec maestria dès le début. Pour commencer, c’est impossible de peindre un tableau dans ta chambre en faisant jouer ta seule imagination. Autrefois, le grand artiste italien Andrea del Sarto s’exprima à ce propos en ces termes : Quand on peint un tableau, il faut, de quelque manière que ce soit, rendre la nature telle qu’elle est. Dans les cieux, il y a les astres. Sur la terre, les gouttes de rosée brillent. Les oiseaux volent, les animaux bondissent, les poissons rouges nagent dans les pièces d’eau, les corbeaux hivernaux sont perchés sur les arbres morts. La nature se métamorphose en une vaste peinture animée qui se déroule devant nous. Qu’en dis-tu, mon vieux ? Si tu as dans la tête de peindre un tableau qui en ait vraiment l’air d’un, eh bien, tu devrais faire des croquis d’après nature.
― Dis-donc, Andrea del Sarto a tenu de tels propos ! Je n’en savais fichtre rien ! Bien sûr, il est dans le vrai ! C’est exactement ça ! », proféra mon patron qui exaltait hors de propos son admiration. Derrière les lunettes à monture d’or, je vis se poindre un sourire railleur.

 

第5回 (2012年10月20日) テーマ:会話 Conversation

「一体車屋と教師とはどっちがえらいだろう」
「車屋の方が強いに極っていらあな。御めえのうちの主人を見ねえ、まるで骨と皮ばかりだぜ」
「君も車屋の猫だけに大分強そうだ。車屋にいると御馳走が食えると見えるね」
「何におれなんざ、どこの国へ行ったって食い物に不自由はしねえつもりだ。御めえなんかも茶畠ばかりぐるぐる廻っていねえで、ちっと己の後へくっ付いて来て見ねえ。一と月とたたねえうちに見違えるように太れるぜ」
「追ってそう願う事にしよう。しかし家は教師の方が車屋より大きいのに住んでいるように思われる」
「箆棒め、うちなんかいくら大きくたって腹の足しになるもんか」
彼は大に肝癪に障った様子で、寒竹をそいだような耳を頻りとぴく付かせてあららかに立ち去った。吾輩が車屋の黒と知己になったのはこれからである。
その後吾輩は度々黒と邂逅する。邂逅するごとに彼は車屋相当の気焔を吐く。先に吾輩が耳にしたという不徳事件も実は黒から聞いたのである。
― A vrai dire, entre le tireur de pousse-pousse et le professeur, lequel serait-il le plus éminent ?
― Il y a une chose évidente, c’est que, le tireur de pousse-pousse, lui, c’est le plus vigoureux. Quand on regarde ton patron, on constate qu’il n’a vraiment que la peau sur les os.
― Toi, mon vieux, par le simple fait que tu es le chat d’un tireur de pousse-pousse, toi aussi, tu as l’air sacrément costaud. En vivant chez un tireur de pousse-pousse, tu dois visiblement en faire, de ces festins !
― Moi, tu sais, en quelque contrée où je me rende, je compte toujours dégotter (dégoter) facilement quelque mets à me mettre sous la dent. Au lieu de tourner en rond dans tes champs de théiers, toi, mon petit vieux, tu ferais mieux de venir avec moi et il ne se passera pas un mois sans que tu n’aies pris un embonpoint tel que tu en seras méconnaissable.
― Bientôt, je te présenterai une requête semblable, mais il me semblerait que les conditions d’habitat soient plus spacieuses chez un professeur que chez un tireur de pousse-pousse.
― Va donc te faire voir chez les Grecs, sale gredin que tu es ! Quelque vaste que puisse être ta bicoque (ta baraque), ce n’est pas ça qui te remplira le bidon (le ventre).
Arborant un air au plus haut point courroucé, agitant par saccades répétées ses oreilles qui rappelaient des bambous de l’espèce arundiniara marmorea que l’on aurait biseautées, avec soudaineté et violence, il décampa sans demander son reste.
C’est de cette façon-là que, nous, Messire le Chat et lui, Sieur Noiraud, nous devînmes à partir de ce moment-là les meilleurs amis du monde.
Par la suite, nous, Messire le Chat et lui, Sieur Noiraud, nous nous rencontrâmes maintes et maintes fois de manière fortuite. Et, à chaque fois, lors de nos entrevues inopinées, il parlait avec feu, dans le pur style des tireurs de pousse-pousse. Et, en fait, c’est en écoutant Sieur Noiraud que j’appris l’existence des affaires d’immoralité humaine que j’évoquais plus haut.

 

第6回 (2012年11月10日) テーマ:日記 Journal

教師といえば吾輩の主人も近頃に至っては到底水彩画において望のない事を悟ったものと見えて十二月一日の日記にこんな事をかきつけた。
○○と云う人に今日の会で始めて出逢った。あの人は大分放蕩をした人だと云うがなるほど通人らしい風采をしている。こう云う質の人は女に好かれるものだから○○が放蕩をしたと云うよりも放蕩をするべく余儀なくせられたと云うのが適当であろう。あの人の妻君は芸者だそうだ、羨ましい事である。元来放蕩家を悪くいう人の大部分は放蕩をする資格のないものが多い。また放蕩家をもって自任する連中のうちにも、放蕩する資格のないものが多い。これらは余儀なくされないのに無理に進んでやるのである。あたかも吾輩の水彩画に於けるがごときもので到底卒業する気づかいはない。しかるにも関せず、自分だけは通人だと思って済している。料理屋の酒を飲んだり待合へ這入るから通人となり得るという論が立つなら、吾輩も一廉の水彩画家になり得る理窟だ。吾輩の水彩画のごときはかかない方がましであると同じように、愚昧なる通人よりも山出しの大野暮の方が遥かに上等だ。
通人論はちょっと首肯しかねる。また芸者の妻君を羨しいなどというところは教師としては口にすべからざる愚劣の考であるが、自己の水彩画における批評眼だけはたしかなものだ。主人はかくのごとく自知の明あるにも関せずその自惚心はなかなか抜けない。

En parlant de professeur, notre patron à nous, Messire le Chat, paraît visiblement avoir bien saisi qu’il ne pouvait nourrir aucun espoir dans le domaine de l’aquarelle. Voilà ce qu’il a consigné au jour du premier décembre : « Pour la première fois j’ai fait par hasard la connaissance de Monsieur X à notre réunion d’aujourd’hui. Les apparences feraient de cet individu un homme qui fréquenterait le demi-monde et, oh là là, on irait jusqu’à lui prêter une vie de libertinage. Les hommes d’un tel état suscitent à leur égard l’affection des femmes et donc, plutôt que de dire que X mène une vie dissolue, il conviendrait mieux de mentionner qu’il s’est trouvé contraint par les circonstances de devoir mener une telle vie. La rumeur publique voudrait que son épouse eut été geisha, situation enviable. Par nature, nombre de personnes qui médisent sur ces libertins agissent ainsi parce qu’eux-mêmes ils ne disposent pas de la compétence nécessaire pour mener une vie semblable. En outre, parmi ceux qui se flattent de mener une vie dissolue, beaucoup n’en ont pas les compétences nécessaires pour vivre ainsi. Malgré l’incapacité à y parvenir dont ils font preuve ils persistent absurdement dans cette direction. Il en va de même en ce qui concerne notre aquarelle. Je ne me soucie nullement de parvenir à la maîtrise de notre art. Il n’empêche que ces gens finissent par penser que ce sont, eux seuls, les vrais hommes du monde. Mais suffirait-il de se rendre dans des restaurants ou dans des maisons de rencontre tenues par des geishas pour devenir homme du monde ? Le débat est ouvert et, dans ce cas-là, moi aussi, je pourrais alléguer que je suis un aquarelliste remarquable. Mais de la même façon que je ferais mieux de ne pas peindre d’aquarelles, un rustre de la campagne dépasse largement un imbécile d’homme du monde. »

Il m’est impossible d’adhérer pleinement aux idées émises à propos des hommes du monde par mon patron. En outre, envier quelqu’un au simple motif que sa femme était une geisha sont de stupides élucubrations qu’il ne devrait pas se permettre. Toutefois, les critiques qu’il formule à l’encontre de son activité d’aquarelliste sont tout à fait pertinentes. Mais mon patron a beau se montrer clairvoyant en ce concerne ses propres compétences, il n’en est pas moins incapable de se dépouiller de sa vanité.

 

第7回 (2013年2月9日) テーマ:引用 Citations

「いや時々冗談を言うと人が真に受けるので大に滑稽的美感を挑撥するのは面白い。先達てある学生にニコラス・ニックルベーがギボンに忠告して彼の一世の大著述なる『仏国革命史』を仏語で書くのをやめにして英文で出版させたと言ったら、その学生がまた馬鹿に記憶の善い男で、日本文学会の演説会で真面目に僕の話した通りを繰り返したのは滑稽であった。ところがその時の傍聴者は約百名ばかりであったが、皆熱心にそれを傾聴しておった。それからまだ面白い話がある。先達て或る文学者のいる席でハリソンの歴史小説『セオファーノ』の話しが出たから僕はあれは歴史小説の中で白眉である。ことに女主人公が死ぬところは鬼気人を襲うようだと評したら、僕の向うに坐っている知らんといった事のない先生が、そうそうあすこは実に名文だといった。それで僕はこの男もやはり僕同様この小説を読んでおらないという事を知った」神経胃弱性の主人は眼を丸くして問いかけた。「そんな出鱈目をいってもし相手が読んでいたらどうするつもりだ」あたかも人を欺くのは差支ない、ただ化の皮があらわれた時は困るじゃないかと感じたものの如くである。美学者は少しも動じない。「なにその時ゃ別の本と間違えたとか何とかいうばかりさ」といってけらけら笑っている。この美学者は金縁の眼鏡は掛ているがその性質が車屋の黒に似た所がある。
« Tiens ! Quand on raconte des craques aux gens et qu’ils prennent ces bobards pour argent comptant, il est intéressant de constater que cela stimule fortement les sentiments esthétiques humoristiques. L’autre jour, j’ai bourré le mou à un étudiant qui se trouvait là en lui disant que Nicholas Nickleby avait conseillé à Gibbon de renoncer à écrire en français l’oeuvre de sa vie, consacrée à l’histoire de la Révolution Française et de la publier en anglais. Alors, comme l’étudiant en question est doué d’une excellente mémoire, avec le plus grand sérieux, il a répété stupidement mes dires lors d’une conférence donnée dans le cadre de la Société de Littérature du Japon et c’était vraiment d’un hilarant ! Or, dans l’assistance, on comptait une centaine de personnes et toutes burent avec passion ses paroles. Permettez-moi ensuite de vous narrer une autre histoire qui vous captivera. L’autre jour, en présence d’un lettré, nous parlions du roman historique Théophane, écrit par Frédéric Harrisson. Je considère pour ma part que ce roman devrait remporter la médaille du meilleur roman historique. J’y suis donc allé de ma petite appréciation personnelle à propos de la scène de la mort de l’héroïne en disant que cela faisait froid dans le dos. A ce moment-là, un professeur asssis en face de moi, qui avait la science infuse, acquiesca à mes propos en disant que Théophane était effectivement une oeuvre remarquable. Je sus ainsi que cet individu-là, comme moi-même, n’avait pas non plus lu le livre. » Mon patron, aux nerfs fragiles et à l’estomac chagrin, écarquillait les yeux et s’enquit comme suit : « Après avoir tenu de tels boniments, qu’aurais-tu fait si ton interlocuteur avait lu effectivement le livre ? » Il me semblait que mon patron ne voyait aucun inconvénient particulier à ce que quelqu’un ait été dupé et qu’il se souciait plutôt des embarras qu’auraient provoqué la découverte du pot aux roses. Notre esthéticien ne se départit aucunement de sa belle contenance. Il répliqua : « Dans un tel cas, j’aurais tout simplement dit que j’avais opéré une confusion avec un autre livre ou quelque chose d’autre du même tonneau» et partit d’un énorme éclat de rire. Cet esthéticien, chaussé de lunettes à la monture en or, me rappelle, par la similitude de leur caractère, Sire Noiraud, le chat du tireur de pousse-pousse.

 

第8回 (2013年2月9日) テーマ:猫の「哲学」 « Philosophie » d’un chat

赤松の間に二三段の紅を綴った紅葉は昔しの夢のごとく散ってつくばいに近く代る代る花弁をこぼした紅白の山茶花も残りなく落ち尽した。三間半の南向の椽側に冬の日脚が早く傾いて木枯の吹かない日は殆んど稀になってから吾輩の昼寝の時間も狭められたような気がする。
主人は毎日学校へ行く。帰ると書斎へ立て籠る。人が来ると、教師が厭だ厭だという。水彩画も滅多にかかない。タカジヤスターゼも功能がないといってやめてしまった。小供は感心に休まないで幼稚園へかよう。帰ると唱歌を歌って、毬をついて、時々吾輩を尻尾でぶら下げる。
吾輩は御馳走も食わないから別段肥りもしないが、先々健康で跛にもならずにその日その日を暮している。鼠は決して取らない。おさんはいまだに嫌いである。名前はまだつけてくれないが、欲をいっても際限がないから生涯この教師の家で無名の猫で終るつもりだ。
Dans les intervalles qui séparent les pins rouges (pinus densiflora) entre eux, les feuilles rougies d’automne, offrant au regard deux à trois tons de couleur vermeil, disposés comme si on les avait cousus ensemble, sont toutes tombées et gisent dispersées sur le sol, comme s’il se fut agi d’un vieux songe. Ont chu aussi sans laisser de traces les camélias sazanqua, elles qui avaient déversé tour à tour leurs pétales blancs et rouges près de l’endroit où l’on peut se laver les mains dans une petite vasque de pierre. Rapidement, les rayons du soleil hivernal ont pris une direction oblique sur la véranda, longue de 3 kens (1 ken : 1,8 m) et demi, exposée au sud ; les jours où la bise de saison ne souffle pas se sont raréfiés de plus en plus et donc, nous aussi, Messire le Chat, avons perçu que le temps que nous consacrions à notre sieste, s’était lui aussi rapetissé.
Le patron se rend tous les jours à l’université. Lorsqu’il est de retour, il se confine dans son cabinet d’études. Aux gens qui viennent le voir, le professeur dit que tout lui déplaît dans sa vie, tout. Il est très rare également qu’il s’adonne à l’aquarelle. Disant que le Taka-diastase ne lui produisait aucun effet bénéfique, il a arrêté d’en prendre. Les enfants, quant à elles, fréquentent avec une admirable assiduité le jardin d’enfants. Après être rentrées à la maison, elles chantent, elles jouent à la balle (la pelote) et de temps en temps elles me tirent par la queue.
Nous, Messire le Chat, ne faisons pas d’agapes ; en conséquence, nous ne grossissons pas de manière significative et nous nous sentons ainsi assez en forme. Nous ne boitons pas non plus. Nous vivons au jour le jour notre vie. Jamais, je n’attrape de souris ! Mon aversion pour O-san ne change pas. On ne m’a toujours pas donné de nom, mais il faut savoir mettre des limites à ses envies et, en chat anonyme, j’ai l’intention de couler mes jours chez le professeur jusqu’à ce que la fin s’ensuive.